Deuil : comment traverser la perte et continuer à avancer ?

Femme endeuillée illustrant la tristesse et le chemin pour traverser la perte d’un proche

🌿 Quand l’absence bouleverse tout ce que l’on connaissait

Perdre une personne que l’on aime, ce n’est pas seulement devoir accepter qu’elle ne soit plus là. C’est aussi continuer à vivre dans un quotidien rempli de sa présence passée.

Il y a cette place désormais vide à table, ce numéro que l’on ne peut plus appeler, cette habitude que l’on avait à deux. Il y a les photos que l’on regarde avec tendresse certains jours et que l’on préfère éviter à d’autres. Et puis il y a toutes ces petites choses que l’on continue parfois à vouloir raconter à la personne disparue avant de se rappeler, une seconde plus tard, qu’elle n’est plus là.

À cette absence peuvent se mêler des émotions très différentes. La tristesse, bien sûr, mais aussi la colère, la culpabilité, l’injustice, les regrets ou parfois même le soulagement, notamment lorsque la personne souffrait depuis longtemps. Certaines journées semblent plus légères, puis une chanson, une odeur, une date ou un souvenir suffit à faire revenir l’émotion avec une intensité que l’on ne pensait plus ressentir.

Et il y a parfois ce qui reste en suspens : une conversation que l’on n’a jamais eue, un pardon que l’on n’a pas demandé, un « je t’aime » que l’on pensait avoir encore le temps de dire, ou simplement le regret de ne pas avoir su que ce moment serait le dernier.

Alors une question finit souvent par se poser : comment continuer à vivre sans avoir le sentiment de laisser derrière soi la personne que l’on aime ? Comment avancer avec ce qui n’a pas pu être dit ? Et comment retrouver peu à peu sa place dans une vie qui continue, alors que la nôtre semble s’être arrêtée un instant ?

🌿 Faire son deuil ne signifie pas oublier

L’expression « faire son deuil » peut parfois donner l’impression qu’il faudrait parvenir à un moment où la perte ne nous affecte plus.

Pourtant, avancer après un décès ne signifie ni oublier la personne, ni cesser de l’aimer. Ce qui peut changer avec le temps, c’est la place que son absence occupe dans notre vie.

La personne disparue reste présente dans notre histoire, nos souvenirs, mais aussi dans ce qu’elle nous a transmis. Peu à peu, il peut devenir possible de penser à elle sans que la douleur accompagne chaque souvenir.

Le deuil ne consiste donc pas à effacer le lien, mais à trouver une nouvelle manière de vivre avec l’absence.

« Avancer après un deuil, ce n’est pas laisser la personne derrière soi. C’est continuer à vivre en gardant avec soi ce qui compte encore, sans que son absence soit toujours synonyme de souffrance. »

📊 Du bouleversement de la perte vers un nouvel équilibre

Schéma expliquant comment faire son deuil et continuer à avancer sans oublier la personne disparue

🌊 Le deuil ne suit pas toujours des étapes bien ordonnées

On entend souvent parler des différentes étapes du deuil, comme s’il existait un chemin que chacun devait parcourir dans un ordre précis avant d’arriver, enfin, à l’apaisement.

Dans la réalité, les choses sont rarement aussi simples.

Il y a des jours où l’on se surprend à aller un peu mieux. On reprend ses habitudes, on pense à autre chose, on rit même parfois. Et puis, sans prévenir, une chanson passe à la radio, une odeur familière revient, une photographie apparaît sur le téléphone ou une date particulière approche… et l’absence semble soudain aussi présente qu’au premier jour.

Le deuil ressemble souvent davantage à cela : des émotions qui vont et viennent, parfois avec une intensité que l’on ne comprend pas soi-même.

On peut ressentir de la tristesse parce que l’autre nous manque et, quelques heures plus tard, de la colère face à ce qui s’est passé. On peut culpabiliser pour une parole, une absence ou quelque chose que l’on pense ne pas avoir suffisamment fait. On peut ressentir une profonde injustice, avoir peur de devoir continuer sans l’autre ou se demander comment la vie pourra un jour retrouver un semblant de normalité.

Et il peut aussi y avoir des émotions plus difficiles à reconnaître.

Après une longue maladie, par exemple, un soulagement peut parfois apparaître parce que la personne ne souffre plus, ou parce que des mois d’inquiétude et d’épuisement prennent fin. Ce soulagement peut lui-même provoquer de la culpabilité : « Comment puis-je ressentir cela alors que je viens de perdre quelqu’un que j’aime ? »

Pourtant, nos émotions ne racontent pas toujours une histoire simple. On peut être soulagé et profondément triste. Être en colère et continuer à aimer. Sourire à un souvenir et pleurer quelques minutes plus tard.

Traverser un deuil, c’est aussi accepter que ce que l’on ressent puisse changer d’un jour à l’autre, sans chercher à savoir si l’on avance assez vite ou si l’on devrait déjà se sentir autrement.

« Il n’y a pas une bonne manière de vivre un deuil. Il y a ce que l’on ressent aujourd’hui, ce qui changera peut-être demain, et le temps dont chacun a besoin pour retrouver peu à peu son équilibre. »

💭 Ces mots que l’on n’a pas eu le temps de dire

Il y a la douleur de l’absence. Et puis il y a parfois une autre douleur, plus silencieuse : celle de tout ce qui est resté sans réponse ou sans parole.

Après un décès, certaines conversations peuvent continuer longtemps dans notre tête.

  • « J’aurais dû lui dire que je l’aimais davantage. »
  • « Pourquoi avons-nous eu cette dispute ? »
  • « J’aurais aimé lui demander pardon. »
  • « J’aurais tellement voulu qu’il me dise certaines choses avant de partir. »
  • « Si seulement je pouvais lui parler encore cinq minutes… »

On repense alors à une dernière conversation, à une visite que l’on a repoussée, à des mots prononcés trop vite ou, au contraire, à ceux que l’on pensait avoir encore tout le temps de dire.

Mais après la mort, il n’est plus possible de revenir dans cette pièce, de reprendre la conversation là où elle s’est arrêtée ou de demander à l’autre ce qu’il aurait répondu.

Et c’est parfois cette impossibilité qui fait particulièrement mal.

Le sentiment d’inachevé ne concerne d’ailleurs pas uniquement les choses que l’on regrette de ne pas avoir dites. Il peut aussi concerner ce que l’on aurait aimé entendre : des excuses qui ne sont jamais venues, une reconnaissance que l’on attendait depuis longtemps, une explication ou simplement quelques mots dont on aurait eu besoin.

Car la disparition d’une personne n’efface pas ce qui a été difficile dans la relation.

On peut avoir profondément aimé quelqu’un tout en ayant été blessé par lui. On peut ressentir de la tendresse et conserver de la colère. On peut pleurer sa disparition tout en sachant que certaines choses dans cette relation nous ont fait souffrir.

Le deuil n’oblige donc ni à idéaliser la personne disparue, ni à effacer ce qui a été difficile.

Il peut au contraire être important de s’autoriser à reconnaître toute l’histoire de la relation : ce que l’on a aimé, ce qui nous manque, mais aussi ce qui nous a blessé et ce que l’on aurait voulu pouvoir dire.

« Faire son deuil, c’est aussi s’autoriser à ressentir ce qui est là, sans avoir à embellir l’histoire ni à effacer ce qui a fait mal. »

📊 Ce qui peut rester en suspens après un décès

Schéma des émotions et pensées qui peuvent rester en suspens après un décès : regrets, culpabilité, colère et questions sans réponse

🕯️ Pourquoi la culpabilité peut-elle prendre autant de place après un décès ?

Après la perte d’une personne que l’on aime, la culpabilité peut s’installer là où, auparavant, il n’y avait parfois qu’une décision ordinaire, une parole prononcée trop vite ou une journée comme une autre.

Parce qu’une fois que la personne n’est plus là, on regarde le passé avec des informations que l’on ne possédait pas encore au moment où on le vivait.

Alors commencent parfois les « si seulement… ».

  • « Si seulement je l’avais appelé ce jour-là… »
  • « J’aurais dû passer davantage de temps avec lui. »
  • « Pourquoi ai-je dit ça lors de notre dernière dispute ? »
  • « J’aurais dû comprendre que quelque chose n’allait pas. »
  • « Si j’avais insisté davantage, peut-être que les choses auraient été différentes… »

On rejoue certaines scènes, on imagine d’autres décisions, d’autres paroles, un autre dernier moment. Et avec ce que l’on sait aujourd’hui, tout semble parfois évident après coup.

Mais au moment où ces événements se sont produits, nous ne savions pas nécessairement qu’il s’agissait de la dernière conversation, du dernier repas ou de la dernière occasion de dire quelque chose. Nous avons agi avec ce que nous savions à ce moment-là, notre état émotionnel, notre fatigue, nos contraintes et nos propres limites.

La culpabilité peut également apparaître d’une manière plus déroutante : lorsque l’on ressent du soulagement.

Après une longue maladie, des mois d’inquiétude ou une fin de vie difficile, il arrive que le décès mette aussi fin à une période éprouvante. On peut être soulagé que la personne ne souffre plus, mais également ressentir soi-même la fin d’une tension permanente.

Et cette pensée peut immédiatement en provoquer une autre : « Comment puis-je éprouver du soulagement alors que je viens de perdre quelqu’un que j’aime ? »

Pourtant, le soulagement et la tristesse peuvent exister en même temps. Ressentir l’un n’annule pas l’autre et ne dit rien, à lui seul, de l’amour que l’on portait à la personne.

Enfin, il existe une culpabilité qui ne concerne même plus ce qui s’est passé avant le décès, mais le fait d’être encore là.

Recommencer à rire. Sortir avec des amis. Partir quelques jours. Faire un projet. Tomber amoureux. Passer une belle journée. Ou simplement constater, un matin, que l’on n’a pas pensé à la personne disparue pendant plusieurs heures.

Ces moments peuvent parfois être accompagnés d’une pensée douloureuse :

« Comment puis-je continuer ma vie alors que la sienne s’est arrêtée ? »

🤍 Comment commencer à apaiser cette culpabilité ?

Il ne suffit pas toujours de se répéter « je ne dois pas culpabiliser ». Une émotion ne disparaît pas simplement parce qu’on lui explique qu’elle n’est pas rationnelle.

On peut cependant commencer par distinguer le regret de la responsabilité. Regretter de ne pas avoir davantage appelé quelqu’un ne signifie pas nécessairement être responsable de ce qui s’est passé. Regretter une dispute ne signifie pas que toute la relation se résume à cette dernière conversation.

Il peut également être utile de remettre les événements dans leur contexte. Non pas en se demandant « Qu’est-ce que j’aurais fait si j’avais su ce qui allait arriver ? », mais plutôt :

« Avec ce que je savais à ce moment-là, qu’étais-je réellement en mesure de comprendre et de faire ? »

Cette question ne fait pas disparaître les regrets. Mais elle permet parfois de regarder la personne que nous étions alors avec un peu plus de compréhension et moins de sévérité.

Certains regrets peuvent aussi trouver une autre manière de s’exprimer. Écrire une lettre à la personne disparue, prendre soin de quelque chose qui lui tenait à cœur, transmettre une valeur qu’elle nous a laissée, conserver un rituel ou accomplir un geste symbolique peut permettre de donner une place à ce qui n’a pas pu être vécu ou dit.

Et lorsqu’une pensée revient — « j’aurais dû faire davantage » — il peut être important de se rappeler une chose très simple : nous jugeons souvent nos décisions passées avec la connaissance que nous avons acquise après la perte.

« On aurait peut-être fait certaines choses différemment si l’on avait su. Mais justement, on ne savait pas. Reconnaître ses regrets ne signifie pas devoir se condamner à les porter toute sa vie. »

🌱 Comment avancer après un deuil ?

Il n’existe pas de méthode universelle pour traverser un deuil, ni de calendrier indiquant le moment où l’on devrait enfin « aller mieux ».

Avancer ne se fait pas toujours de manière visible. Certains jours, cela consiste simplement à se lever, manger quelque chose ou répondre à un message. À d’autres moments, on retrouve l’envie de sortir, de voir quelqu’un ou de faire un projet.

Peu à peu, certaines choses peuvent aider à retrouver des repères et à faire de nouveau une place à la vie, sans avoir à effacer celle de la personne disparue.

🤝 Ne pas rester seul avec ce que l’on ressent

Parler de la personne disparue peut faire du bien. Pas seulement parler de sa mort, mais aussi continuer à parler de sa vie.

Raconter une anecdote, regarder des photographies, se souvenir d’une habitude, évoquer ses qualités comme ses défauts ou simplement prononcer son prénom permet parfois de faire vivre les souvenirs autrement que dans la douleur.

Et puis il y a des moments où l’on n’a tout simplement pas envie de parler. Où répondre aux questions demande trop d’énergie, où l’on préfère rester seul ou garder certaines choses pour soi.

Ces deux besoins peuvent exister. Il n’y a pas une seule bonne manière de traverser un deuil.

📝 Mettre des mots sur ce qui n’a pas pu être dit

Lorsque certaines pensées reviennent encore et encore, mettre des mots sur ce que l’on ressent peut déjà aider à ne plus tout garder en soi.

L’écriture peut offrir un premier espace pour cela. On peut, par exemple, écrire une lettre à la personne disparue sans chercher à faire de belles phrases, sans se censurer et sans essayer de rendre ses émotions cohérentes :

  • Ce que j’aurais aimé te dire…
  • Ce qui me met encore en colère…
  • Ce que je regrette…
  • Ce pour quoi je voudrais te remercier…
  • Ce que j’aurais aimé entendre de toi…
  • Ce que j’aimerais que tu saches aujourd’hui…

Cette lettre n’a pas besoin d’être montrée à quelqu’un, ni même d’être conservée. Elle peut simplement devenir un espace pour les mots qui n’ont pas trouvé leur place avant le départ de l’autre.

Parler à un psychologue ou à un thérapeute peut également faire du bien, notamment lorsque certaines pensées tournent en boucle ou que la culpabilité, la colère, les regrets ou le sentiment d’inachevé deviennent difficiles à porter seul.

Mettre son histoire en mots devant une personne extérieure permet parfois d’exprimer des choses que l’on n’ose pas toujours confier à ses proches : parce que l’on a peur de les attrister, d’être jugé, de répéter encore la même histoire ou simplement parce qu’eux aussi sont touchés par le décès.

Un accompagnement peut alors offrir un espace pour parler librement de la personne disparue, de la relation telle qu’elle était réellement, de ce qui manque, mais aussi de ce qui a fait mal, sans avoir à protéger son entourage ni à donner l’impression que l’on devrait déjà aller mieux.

Et parfois, pouvoir raconter plusieurs fois la même chose, revenir sur un souvenir ou mettre enfin des mots sur une émotion que l’on gardait pour soi fait simplement partie du chemin.

🤍 Prendre soin de soi, même lorsque l’on n’en a pas envie

Dans les périodes de deuil, les gestes les plus ordinaires peuvent soudain demander beaucoup d’énergie. Manger, dormir, prendre une douche, sortir de chez soi, marcher quelques minutes ou simplement préparer un repas peut parfois sembler beaucoup plus difficile qu’avant.

Prendre soin de soi ne signifie pas se forcer à aller bien. Il ne s’agit pas non plus de remplir chaque minute de sa journée pour éviter de penser.

Cela peut commencer par des choses beaucoup plus simples : respecter sa fatigue, conserver quelques repères dans la journée, prendre l’air, accepter l’aide d’un proche ou s’autoriser à ne rien faire pendant un moment.

Et lorsque l’envie de faire quelque chose d’agréable revient, il n’y a pas à en avoir honte.

Regarder un film, rire avec quelqu’un, écouter de la musique, cuisiner, sortir ou simplement passer une bonne journée ne signifie pas que l’on aime moins la personne disparue.

Ces moments ne font pas disparaître le chagrin. Ils peuvent simplement devenir de petites respirations au milieu de celui-ci.

« Prendre soin de soi après un deuil, ce n’est pas oublier l’autre. C’est aussi prendre soin de la personne qui, elle, est toujours là : soi-même. »

🌿 Retrouver progressivement des repères personnels

Lorsqu’une personne faisait partie de notre quotidien, son absence ne se trouve pas seulement dans nos pensées. Elle se retrouve aussi dans toutes ces petites habitudes que l’on partageait avec elle.

Les repas ne sont plus les mêmes. Les week-ends peuvent sembler étrangement vides. Certains lieux deviennent difficiles à fréquenter. Des vacances ou des projets que l’on imaginait à deux n’ont soudain plus le même sens.

Retrouver ses repères ne signifie pas remplacer tout cela, ni chercher à reconstruire exactement la vie que l’on avait avant.

Cela peut commencer très doucement : reprendre une activité laissée de côté, revoir quelqu’un, marcher, cuisiner, retourner un jour dans un lieu que l’on évitait ou commencer un nouveau projet lorsque l’envie revient.

Pris séparément, ces gestes peuvent sembler ordinaires. Pourtant, ils marquent parfois quelque chose d’important : le moment où l’on commence, peu à peu, à retrouver sa place dans sa propre vie.

💞 Quand le deuil réveille une dépendance affective

La perte d’un conjoint peut bouleverser bien davantage que la relation elle-même. Lorsque toute une partie de son quotidien, de ses habitudes, de ses projets ou de son sentiment de sécurité reposait sur la vie à deux, se retrouver seul peut devenir particulièrement difficile.

Le manque de la personne disparue peut alors se mêler à autre chose : la peur de la solitude, le sentiment de ne plus savoir comment avancer seul, le besoin d’être constamment entouré ou encore l’impression d’avoir perdu une partie de soi avec l’autre.

Cela ne signifie pas que l’amour ressenti n’était pas réel. Le manque d’un être aimé et la dépendance affective peuvent se mêler sans être la même chose. Le deuil peut simplement rendre plus visibles certains besoins ou certaines fragilités qui existaient déjà dans la relation.

Retrouver progressivement son autonomie ne consiste donc pas à diminuer la place de la personne disparue. Il s’agit plutôt de réapprendre à trouver en soi des repères, des ressources et une sécurité qui ne dépendent pas uniquement de la présence d’un autre.

👉 À lire également : Dépendance affective : comprendre ses causes profondes, renforcer son estime de soi et retrouver son autonomie émotionnelle

« Apprendre à vivre sans l’autre ne signifie pas apprendre à ne plus l’aimer. C’est retrouver peu à peu la capacité d’exister aussi par soi-même. « 

📊 Avancer après un deuil

Schéma des étapes pour avancer après un deuil, accueillir ses émotions, retrouver ses repères et continuer à vivre sans oublier

🌿 Comprendre son deuil ne suffit pas toujours à apaiser les émotions

Il arrive que l’on comprenne parfaitement une situation avec sa raison… sans parvenir pour autant à calmer ce que l’on ressent.

On peut savoir que l’on n’est pas responsable d’un décès et continuer malgré tout à culpabiliser.

On peut savoir que l’on a le droit de continuer à vivre et ressentir pourtant un pincement douloureux au moment de rire à nouveau, de partir en vacances ou de commencer un nouveau projet.

On peut aussi savoir qu’une conversation n’aura jamais lieu et continuer à la rejouer intérieurement, en imaginant ce que l’on aurait aimé dire, entendre ou faire autrement.

Ce décalage peut être particulièrement déroutant : « Je sais tout cela… alors pourquoi est-ce que je ressens encore ça ? »

Parce que comprendre une émotion et ne plus la ressentir sont deux choses différentes.

C’est notamment autour de ce décalage entre ce que l’on sait et ce que l’on ressent encore que certaines approches complémentaires, comme l’EFT ou l’hypnose Ericksonienne, peuvent trouver leur place.

👆 Quelle place pour l’EFT dans le deuil ?

L’EFT (Emotional Freedom Techniques) associe la stimulation de certains points situés sur le visage et le haut du corps au fait de porter son attention sur une émotion, une pensée, un souvenir ou une situation précise.

Dans le contexte d’un deuil, l’objectif n’est évidemment pas de supprimer l’attachement à la personne disparue, ni d’effacer les souvenirs qui lui sont associés.

Le travail peut plutôt se concentrer sur ce qui reste particulièrement douloureux : une culpabilité qui revient sans cesse, de la colère, un souvenir difficile, des regrets, la peur de continuer sans l’autre ou certaines pensées dont on n’arrive pas à se détacher.

Lorsque les pensées tournent en boucle et que l’on éprouve des difficultés à accepter ce que l’on ne peut plus changer, le travail autour du lâcher-prise peut également aider à mieux comprendre ce qui nous maintient intérieurement attaché à une situation douloureuse.

On peut ainsi partir de quelque chose de très concret :

« Quand je repense à notre dernière conversation, je ressens encore… »

ou :

« Même si je sais que je ne pouvais pas prévoir ce qui allait arriver, je culpabilise encore de… »

L’intérêt est justement de ne pas chercher à se convaincre que l’on devrait aller mieux, mais de partir de ce que l’on ressent réellement à cet instant, même lorsque cette émotion semble contradictoire avec ce que l’on sait rationnellement.

Pour mieux comprendre cette approche et la manière dont elle peut être utilisée face à des émotions qui restent très présentes, vous pouvez également consulter notre article EFT : comment libérer ses émotions rapidement et retrouver un équilibre intérieur.

Et parce qu’une technique prend souvent davantage de sens lorsqu’elle est reliée à une expérience concrète, le témoignage Comment la formation EFT m’a aidée à surmonter mes blocages ? montre également comment l’apprentissage de l’EFT peut s’inscrire dans un cheminement personnel autour des blocages émotionnels.

« L’EFT ne remplace pas un accompagnement psychologique ou médical lorsqu’il est nécessaire. Elle peut être utilisée comme approche complémentaire pour travailler autour de certaines réactions émotionnelles associées au deuil. »

🌀 Hypnose et deuil : quand quelque chose semble être resté inachevé

Après un décès, certaines personnes restent particulièrement marquées par ce qui n’a pas pu être vécu, dit ou entendu.

Une dernière conversation que l’on aurait voulu avoir. Des excuses que l’on n’a jamais pu présenter. Une colère que l’on n’a jamais exprimée. Un « je t’aime » que l’on pensait avoir encore le temps de dire. Ou, à l’inverse, des paroles que l’on aurait profondément aimé entendre de l’autre.

L’hypnose Ericksonienne peut être utilisée pour explorer symboliquement certaines de ces situations et les émotions qui leur restent associées.

Parmi les techniques enseignées en hypnose existe notamment ce que l’on appelle une technique de séparation, qui peut être adaptée à certaines situations de deuil ou de rupture lorsqu’un lien reste associé à une souffrance ou à un fort sentiment d’inachevé.

Le mot « séparation » peut cependant être déroutant lorsqu’il s’agit de la mort d’une personne que l’on aime.

Il ne s’agit pas de se séparer de l’amour que l’on éprouvait pour elle.

Il ne s’agit pas davantage d’effacer les souvenirs, de nier l’importance de la relation ou de chercher à oublier la personne disparue.

Le travail porte plutôt sur ce qui, dans la représentation intérieure de cette relation, reste associé à la souffrance, à la culpabilité, aux regrets ou à ce qui n’a pas pu être exprimé.

🕊️ Et lorsque la relation était toxique avant le décès ?

Lorsqu’une relation était toxique, le décès peut laisser une situation émotionnelle particulièrement complexe. La personne n’est plus là, mais la souffrance vécue dans la relation peut, elle, continuer à être présente.

L’emprise, la peur, les humiliations, les conflits répétés ou les blessures accumulées au fil des années ne disparaissent pas nécessairement avec la mort de l’autre. Certaines réactions peuvent persister, parfois longtemps après la fin réelle de la relation.

Le deuil peut alors être traversé par des sentiments contradictoires. On peut ressentir de la tristesse et du soulagement, éprouver le manque tout en sachant que l’on ne voudrait pas revivre cette relation, ou encore culpabiliser de se sentir progressivement plus libre.

Dans ce contexte, le travail sous hypnose peut avoir un autre objectif : ne plus rester intérieurement prisonnier de ce qui a fait souffrir.

La technique de séparation peut notamment être utilisée pour travailler symboliquement sur ce lien douloureux et sur les émotions qui lui restent associées. Il ne s’agit ni d’effacer l’histoire ni de nier ce qui a été vécu, mais de permettre progressivement à cette relation de ne plus exercer la même emprise émotionnelle dans le présent.

Lorsque la relation a été marquée par l’emprise, la culpabilisation ou une perte progressive de ses propres repères, comprendre les mécanismes qui se sont installés peut également faire partie du chemin de reconstruction.

👉 À lire également : Relation toxique : comment la reconnaître, s’en libérer et se reconstruire ?

« La relation est terminée. Son emprise sur notre vie peut l’être aussi. »

⚠️ Quand le deuil devient trop difficile à traverser seul

Traverser un deuil peut provoquer une souffrance très intense sans que cela signifie nécessairement que quelque chose « ne va pas » chez la personne endeuillée. Il n’existe pas de durée précise au-delà de laquelle on devrait forcément avoir retrouvé une vie normale.

Mais il arrive aussi que la douleur devienne trop lourde à porter seul.

Lorsque la souffrance reste extrêmement envahissante, que l’on ne parvient plus durablement à assurer son quotidien, que l’on s’isole de plus en plus ou que l’on ressent des idées suicidaires, l’envie de mourir ou le sentiment de ne plus pouvoir continuer à vivre, il est important de demander de l’aide à un professionnel de santé.

Un deuil et une dépression ne sont pas la même chose. Cependant, lorsque la perte s’accompagne d’un mal-être profond et persistant, d’une perte d’intérêt généralisée ou de difficultés importantes dans la vie quotidienne, il peut être utile de mieux connaître les signes qui doivent alerter.

👉 À lire également : Dépression : causes profondes, symptômes et solutions naturelles pour s’en sortir

Demander de l’aide ne signifie pas que l’on « fait mal son deuil ». Cela signifie simplement que certaines périodes de la vie nécessitent parfois d’être accompagné pour ne pas les traverser seul.

L’EFT, l’hypnose ou d’autres approches complémentaires peuvent avoir leur place dans un accompagnement, mais elles ne doivent pas se substituer à une prise en charge médicale ou psychologique lorsqu’elle est nécessaire.

🎓 Se former à l’hypnose et à l’EFT pour mieux comprendre et accompagner les émotions

Apprendre à travailler avec les émotions peut avoir un double objectif : mieux comprendre et apaiser ses propres réactions émotionnelles, mais aussi acquérir des outils pour accompagner d’autres personnes.

👆 Se former à l’EFT : pour soi et pour accompagner les autres

La formation EFT de Well-Planify a été conçue dans cette double perspective. Elle permet d’apprendre à utiliser l’EFT sur soi pour travailler autour de ses propres émotions, pensées ou blocages, mais également d’acquérir une méthode structurée pour accompagner les autres dans la gestion de leurs difficultés émotionnelles.

Dans le contexte d’un deuil, l’EFT peut notamment être utilisée autour d’une culpabilité persistante, d’une colère, d’un souvenir douloureux, de regrets ou de pensées qui reviennent régulièrement.

🌀 Se former à l’hypnose pour accompagner le deuil

L’hypnose Ericksonienne permet d’aborder le vécu émotionnel et les représentations intérieures d’une autre manière.

Dans le parcours proposé par Well-Planify, la formation Maître Praticien en Hypnose Ericksonienne approfondit des techniques destinées à l’accompagnement de problématiques émotionnelles complexes et propose notamment des techniques pouvant être utilisées dans l’accompagnement du deuil, comme le travail symbolique autour de la séparation et de ce qui reste en suspens.

Accompagner une personne endeuillée ne consiste toutefois pas simplement à appliquer une technique. Cela demande de savoir écouter sans imposer, respecter le rythme de la personne, accueillir des émotions parfois contradictoires et reconnaître les limites de son propre accompagnement lorsqu’une orientation vers un professionnel de santé est nécessaire.

❓ FAQ — Deuil, émotions, EFT et hypnose

👉 Cliquez sur une question pour afficher la réponse.

Combien de temps faut-il pour faire son deuil ?

Il n’existe pas de durée universelle. Certaines personnes retrouvent assez rapidement des repères dans leur quotidien tout en continuant à ressentir le manque. Pour d’autres, le chemin est beaucoup plus long.

Le deuil peut également évoluer par périodes : aller mieux pendant quelque temps puis ressentir à nouveau fortement l’absence ne signifie pas que l’on revient en arrière.

Le deuil n’évolue pas toujours de manière régulière. On peut retrouver un certain équilibre pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines, puis ressentir soudainement une forte émotion à l’approche d’une date particulière, en entendant une chanson, en retrouvant une photographie ou simplement parce qu’un souvenir refait surface.

Ce retour de la tristesse ne signifie pas nécessairement que l’on régresse ou que l’on « recommence son deuil ». Certaines émotions peuvent se réactiver au fil des événements et des souvenirs, tout en devenant progressivement moins envahissantes.

La culpabilité peut faire partie des émotions ressenties après une perte, notamment lorsque l’on repense à ce que l’on aurait aimé dire ou faire autrement.

Mais regretter quelque chose ne signifie pas nécessairement en être responsable. Après un décès, nous regardons parfois nos décisions passées avec des informations que nous ne possédions pas au moment où nous les avons prises.

Un décès soudain, une relation compliquée, une dernière conversation difficile ou simplement l’absence d’un véritable au revoir peuvent laisser un sentiment d’inachevé.

Écrire, parler de ce que l’on aurait voulu dire ou être accompagné pour mettre des mots sur ces émotions peut parfois permettre de leur donner progressivement une autre place.

Cela peut arriver, notamment après une longue maladie, une fin de vie difficile ou une période éprouvante pour l’entourage.

Le soulagement n’annule pas la tristesse ni l’amour. Plusieurs émotions, même apparemment contradictoires, peuvent être présentes en même temps.

L’EFT peut être utilisée comme approche complémentaire pour travailler autour de certaines réactions émotionnelles : culpabilité, colère, regrets, souvenir douloureux ou pensées récurrentes, par exemple.

Elle ne vise pas à supprimer le souvenir ou l’attachement à la personne disparue et ne remplace pas un accompagnement psychologique ou médical lorsqu’il est nécessaire.

L’hypnose Ericksonienne peut être utilisée dans un travail imaginaire et symbolique autour de ce qui semble être resté en suspens : des paroles non exprimées, des regrets, de la culpabilité ou certaines représentations douloureuses du lien.

Il ne s’agit pas d’entrer en communication avec la personne décédée, mais de travailler à partir des émotions, des souvenirs et des représentations de la personne accompagnée.

Parce qu’un décès ne bouleverse pas seulement nos émotions. Il peut aussi modifier nos habitudes, nos projets, nos repères et parfois même la place que nous occupions auprès de l’autre. Certains gestes du quotidien rappellent constamment son absence et ce que l’on imaginait pour l’avenir doit parfois être repensé.

Reprendre sa vie ne signifie donc pas revenir exactement à celle d’avant. Il s’agit plutôt, progressivement, de construire de nouveaux repères tout en conservant une place pour les souvenirs et pour ce que cette personne nous a transmis.

Lorsque la souffrance devient extrêmement envahissante, que le quotidien devient durablement très difficile, que l’isolement s’installe ou que des idées suicidaires, une envie de mourir ou le sentiment de ne plus pouvoir continuer à vivre apparaissent, il est important de se tourner vers un professionnel de santé.

🌱 Continuer à avancer, sans laisser la personne derrière soi

On parle souvent de « tourner la page » après un deuil.

Mais certaines pages ne se tournent peut-être jamais complètement. Elles restent dans notre histoire parce que la personne que nous avons perdue en fait elle aussi partie.

Ce qui peut changer avec le temps, c’est la manière dont nous relisons cette histoire.

Un souvenir qui provoquait uniquement des larmes peut un jour faire naître un sourire. Une habitude partagée peut devenir un souvenir tendre. Certaines paroles restées en suspens peuvent trouver une autre manière d’être exprimées. Et cette place vide qui semblait autrefois occuper tout l’espace peut progressivement laisser revenir d’autres personnes, d’autres projets et d’autres moments de joie.

Continuer à avancer ne signifie pas rompre le lien avec la personne disparue.

Une part d’elle peut continuer à vivre dans nos souvenirs, dans les valeurs qu’elle nous a transmises, dans certaines de nos habitudes ou simplement dans notre manière de regarder la vie.

Et il n’est pas nécessaire de souffrir continuellement pour prouver que l’on a aimé.

On peut rire à nouveau. Faire des projets. Aimer d’autres personnes. Être heureux. Et continuer malgré tout à ressentir de l’émotion lorsque revient un souvenir.

« Continuer à avancer ne signifie pas laisser derrière soi la personne que l’on a aimée. C’est lui garder une place dans son histoire tout en s’autorisant à continuer d’écrire la sienne. »

💡 Aller plus loin

Traverser un deuil peut faire émerger d’autres difficultés : accepter ce que l’on ne peut plus changer, apaiser des émotions qui restent très présentes ou retrouver progressivement un équilibre intérieur.

Pour poursuivre votre réflexion, vous pouvez également découvrir :

👉 Comment lâcher prise ? Comprendre les blocages et retrouver un apaisement durable — pour comprendre pourquoi certaines pensées ou situations restent difficiles à laisser derrière soi.

👉 EFT : comment libérer ses émotions rapidement et retrouver un équilibre intérieur — pour découvrir comment l’EFT peut être utilisée lorsque certaines émotions restent particulièrement présentes.

👉 Estime de soi : comprendre, reconstruire et renforcer durablement sa confiance intérieure — pour retrouver progressivement ses repères, prendre soin de soi et se reconstruire après une période émotionnellement difficile.

Laisser un commentaire